Regarnissage des mortaises d’un clavier

Regarnissage des mortaises d’un clavier

Mon dernier travail en atelier consistait en un regarnissage des mortaises

d’enfoncement et de balancier d’un clavier.

Le but de l’opération est que le pianiste gagne en précision au niveau du toucher lorsque le travail est terminé.

Pour cela, il faut emporter le clavier en atelier.

À l’atelier, il faut dans un premier temps décoller toutes les anciennes garnitures de clavier. Le procédé que j’ai utilisé est celui qui est dit de la « pâte-mouille ». Il s’agit d’humidifier un torchon (propre, pour éviter de salir plus que ne le sont déjà les touches), de le poser sur les garnitures, et de presser un fer-à-repasser chaud pour créer de la vapeur et décoller ainsi toutes les vieilles garnitures.

décoller des garnitures de mortaises d’un clavier de piano

La vapeur décolle les garnitures, mais il faut terminer avec une petite pince, et nettoyer si nécessaire la surface qui sera à encoller plus tard avec un outil qui sert à gratter le bois, ceci sans enlever de matière (bois) à la touche.

 

 

 

dégarnissage mortaises enfoncement à la « pâte-mouille ».

Une fois que toutes les mortaises sont dégarnies…

Il ne reste plus qu’à les regarnir!!

Les garnitures de clavier sont généralement en casimir, il est important de commander à son fournisseur un casimir de l’épaisseur qui convient le mieux. Pour cela, il faut en amont prendre les cotes correspondantes aux largeurs de pointes d’enfoncement et de pointes de balancier. Prendre la largeur des mortaises d’enfoncement et de balancier dégarnies, et choisir en fonction de ces cotes le casimir de l’épaisseur qu’il convient pour obtenir le jeu optimal nécessaire entre les garnitures et les pointes.

Lorsque l’on a le casimir de la bonne épaisseur, on peut commencer à faire chauffer la colle d’os. Elle se présente sous la forme de granulés que l’on mélange à un peu d’eau et que l’on fait chauffer au bain-marie.

Les granules fondent et se mélange à l’eau, la colle devient donc liquide, on peut alors encoller les parois de mortaises et disposer le ruban de casimir, puis enfoncer la cale prévue à cet effet pour maintenir le casimir en place, et découper à raz à l’aide d’un cuter dont la lame est neuve pour une coup nette.

l’opération est répétée sur chacune des 88 touches!

2 thoughts on “Regarnissage des mortaises d’un clavier

  1. Bonjour, sujet ô combien interessant puisque mes mortaises de balancier et d’enfoncement sont usées jusqu’à la trame blanche, et je compte par passion me lancer dans ce travail délicat.
    On reconnait un documentaire clair au fait qu’il est compréhensible, et suscite alors des questions ou des besoins d’explications.

    Votre explication étant très bien faite, j’ai donc naturellement quelques questions.

    -1- Le décollement à la pattemouille :
    => Y a-t-il un risque que la vapeur provoque un vrillage de la touche ?
    => Y a-t-il un besoin de temps de sechage avant mise en place des nouveaux casimirs ?

    -2- Le choix de l’épaisseur du casimir
    => Quelle est la règle de calcul pour le choix de l’épaisseur ? (largeur de mortaise-diamètre de la pointe de balancier ou d’enfoncement)/2 ? ou faut il prévoir l’épaisseur juste en dessous ou juste en dessus ?

    -3- Cale de séchage
    => la cale utilisée pour le maintien du casimir pendant sechage doit-elle etre de taille supérieure à celle de la pointe ? (ex : cale de 3.5mm pour une mortaise d’enfoncement sur tige de 3.3mm ?

    En vous remerciant pour les précisions.

    1. Bonjour, je suis très heureux de voir que mon travail d’explication vous anime au point de vouloir faire vous même la restauration de votre clavier. Cependant, je pense que vous devriez laisser un professionnel s’occuper de votre piano. Je répondrai toutefois à vos questions.
      Le risque de vrille à la pattemouille est très faible, voir inexistant, tant que vous ne plongez pas la touche directement dans l’eau… ou que vous n’oubliez pas votre torchon humide sur les touches pendant toute une nuit, ou plusieurs heures en tout cas.
      Bien sûr, évitez de coller le casimir si la touche est encore un peu humide!
      En ce qui concerne l’épaisseur du casimir, prévoyez une épaisseur qui, avec l’épaisseur de la pointe, soit inférieure de 1mm à la largeur de la mortaise. Il vous faut un millimètre de jeu. Soit un demi millimètre de part et d’autre de la pointe.
      Le choix de la cale de séchage en découle. La cale est forcément plus épaisse que la pointe.
      Enfin, je n’ai pas peur de me répéter, faites faire ce travail par un PROFESSIONNEL!!
      Cordialement,
      Didier Daumas

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